Depuis le 31 mai, une centaine de caravanes occupent le parc des Fontanelles à Castanet-Tolosan. Après plusieurs jours de discussions entre les représentants du groupe évangélique, la mairie et les services de l'État, un départ est prévu le 7 juin. Au-delà de cet épisode, la situation met en lumière une question récurrente : celle des terrains que les collectivités ont l'obligation de mettre à disposition des gens du voyage.

Une arrivée inattendue aux Fontanelles

Dimanche 31 mai, les habitués du parc des Fontanelles ont découvert un paysage inhabituel. En quelques heures, près d'une centaine de caravanes se sont installées sur cet espace vert très fréquenté de la commune.

Pour le maire de Castanet-Tolosan, Pascal Chicot, cette arrivée n'était absolument pas prévue. « Nous nous sommes aperçus que ce groupement de citoyens français itinérants s'était installé dimanche. Ils ont profité d'une faille », explique-t-il. Selon l'élu, les accès du site étaient pourtant sécurisés mais une barrière laissée ouverte le temps d'une intervention a toutefois permis l'entrée du convoi.

Les occupants appartiennent à un groupe évangéliste itinérant qui sillonne la région dans le cadre des grands passages. Au cœur du campement, un chapiteau a été installé pour accueillir les rassemblements religieux organisés durant leur séjour. Leur présence à Castanet-Tolosan ne figurait  pas dans le calendrier communiqué aux collectivités. « Ils étaient prévus plutôt du côté de Venerque et du Muretain », précise le maire.

Dès les premières heures de l'installation, la municipalité a alerté la Préfecture. Les services de l'État, la gendarmerie, la police municipale ainsi que le médiateur chargé du suivi des grands passages ont été mobilisés afin de trouver une issue concertée.

Après plusieurs échanges, un accord a été trouvé : le groupe s'est engagé à quitter les Fontanelles le dimanche 7 juin.  Pascal Chicot se montre aujourd'hui relativement serein quant au respect de cet engagement.

« C'est un groupe très respectueux des lieux d'occupation. Le maire de Launaguet, où ils étaient précédemment installés, me l'a confirmé. Leurs branchements sont propres et sécurisés. Et quand ils sont partis, ils ont tout nettoyé » », explique Pascal Chicot. Le maire de Launaguet lui aurait également indiqué que les évangélistes avaient effectué un don au Centre communal d'action sociale (CCAS) afin de contribuer aux frais liés à leur passage et aux consommations engagées durant leur séjour.

Cette occupation n'est toutefois pas sans conséquence pour les habitants. Pendant plusieurs jours, les riverains ont été privés d'un des principaux espaces verts de la commune. Lors de ses discussions avec les responsables du campement, le maire n'a pas manqué de rappeler cet enjeu. « Vous comprenez bien qu'en vous installant avec ce volume de caravanes, vous privez les habitants de cet espace », leur a-t-il expliqué.

Selon lui, les représentants du groupe ont reconnu les désagréments occasionnés tout en rappelant les difficultés qu'ils rencontrent régulièrement pour trouver des terrains adaptés à leurs déplacements.

La question sensible des aires de grand passage

Au fil des échanges, le débat s'est rapidement déplacé vers une question plus large : celle des obligations légales des collectivités en matière d'accueil des gens du voyage.

Le responsable du groupe a ainsi fait valoir auprès du maire que les intercommunalités doivent mettre à disposition des aires de grand passage permettant d'accueillir ces rassemblements temporaires dans des conditions adaptées, avec accès à l'eau et à l'électricité.

« Lui ne respectait pas la loi en s'installant sur un terrain non autorisé, mais il me répondait que nous ne respections pas non plus nos obligations puisque nous n'étions pas en mesure de lui proposer une aire de grand passage », rapporte Pascal Chicot.

Une remarque qui a nourri la réflexion de l'élu.

« Je ne veux pas leur donner raison, mais je ne leur donne pas complètement tort », admet-il.

Dans l'agglomération toulousaine, une aire de grand passage est prévue sur le territoire du Sicoval, à Labège. Mais au moment de l'arrivée du groupe à Castanet-Tolosan, celle-ci n'était pas encore opérationnelle.

Pour le maire, cette situation a pesé dans la gestion du dossier. Faute de solution alternative immédiatement disponible, la négociation est devenue la seule option réaliste.

La future mise en service de cette aire pourrait permettre d'éviter que de telles situations se reproduisent. Car derrière l'épisode des Fontanelles se pose une question qui concerne l'ensemble des collectivités : comment faire respecter les espaces publics lorsque les équipements destinés à accueillir les gens du voyage ne sont pas encore disponibles ?