La voix de l'actu

La voix de l'actu

Nos interviews sont un focus sur l'information du moment.

sébastien Claret

L'information va trop vite. On est tous dans un lessiveuse. Ce trop plein et ce trop vite engendre une fatigue informationnelle. dans la Voix de l'Actu on vous propose de vous arrêter. De prendre le temps d'écouter et de réfléchir. Nos interviews reviennent sur une actualité. Elle nous permettent d'apprendre, de comprendre et de sortir du tourbillon de l'actualité

En cours de lecture

Pascal Chicot sur les Évangélistes à Castanet-Tolosan : « Nous n'étions pas en mesure de leur proposer une aire de grand passage »

Depuis le 31 mai, une centaine de caravanes occupent le parc des Fontanelles à Castanet-Tolosan. Après plusieurs jours de discussions entre les représentants du groupe évangélique, la mairie et les services de l'État, un départ est prévu le 7 juin. Au-delà de cet épisode, la situation met en lumière une question récurrente : celle des terrains que les collectivités ont l'obligation de mettre à disposition des gens du voyage.

Une arrivée inattendue aux Fontanelles

Dimanche 31 mai, les habitués du parc des Fontanelles ont découvert un paysage inhabituel. En quelques heures, près d'une centaine de caravanes se sont installées sur cet espace vert très fréquenté de la commune.

Pour le maire de Castanet-Tolosan, Pascal Chicot, cette arrivée n'était absolument pas prévue. « Nous nous sommes aperçus que ce groupement de citoyens français itinérants s'était installé dimanche. Ils ont profité d'une faille », explique-t-il. Selon l'élu, les accès du site étaient pourtant sécurisés mais une barrière laissée ouverte le temps d'une intervention a toutefois permis l'entrée du convoi.

Les occupants appartiennent à un groupe évangéliste itinérant qui sillonne la région dans le cadre des grands passages. Au cœur du campement, un chapiteau a été installé pour accueillir les rassemblements religieux organisés durant leur séjour. Leur présence à Castanet-Tolosan ne figurait  pas dans le calendrier communiqué aux collectivités. « Ils étaient prévus plutôt du côté de Venerque et du Muretain », précise le maire.

Dès les premières heures de l'installation, la municipalité a alerté la Préfecture. Les services de l'État, la gendarmerie, la police municipale ainsi que le médiateur chargé du suivi des grands passages ont été mobilisés afin de trouver une issue concertée.

Après plusieurs échanges, un accord a été trouvé : le groupe s'est engagé à quitter les Fontanelles le dimanche 7 juin.  Pascal Chicot se montre aujourd'hui relativement serein quant au respect de cet engagement.

« C'est un groupe très respectueux des lieux d'occupation. Le maire de Launaguet, où ils étaient précédemment installés, me l'a confirmé. Leurs branchements sont propres et sécurisés. Et quand ils sont partis, ils ont tout nettoyé » », explique Pascal Chicot. Le maire de Launaguet lui aurait également indiqué que les évangélistes avaient effectué un don au Centre communal d'action sociale (CCAS) afin de contribuer aux frais liés à leur passage et aux consommations engagées durant leur séjour.

Cette occupation n'est toutefois pas sans conséquence pour les habitants. Pendant plusieurs jours, les riverains ont été privés d'un des principaux espaces verts de la commune. Lors de ses discussions avec les responsables du campement, le maire n'a pas manqué de rappeler cet enjeu. « Vous comprenez bien qu'en vous installant avec ce volume de caravanes, vous privez les habitants de cet espace », leur a-t-il expliqué.

Selon lui, les représentants du groupe ont reconnu les désagréments occasionnés tout en rappelant les difficultés qu'ils rencontrent régulièrement pour trouver des terrains adaptés à leurs déplacements.

La question sensible des aires de grand passage

Au fil des échanges, le débat s'est rapidement déplacé vers une question plus large : celle des obligations légales des collectivités en matière d'accueil des gens du voyage.

Le responsable du groupe a ainsi fait valoir auprès du maire que les intercommunalités doivent mettre à disposition des aires de grand passage permettant d'accueillir ces rassemblements temporaires dans des conditions adaptées, avec accès à l'eau et à l'électricité.

« Lui ne respectait pas la loi en s'installant sur un terrain non autorisé, mais il me répondait que nous ne respections pas non plus nos obligations puisque nous n'étions pas en mesure de lui proposer une aire de grand passage », rapporte Pascal Chicot.

Une remarque qui a nourri la réflexion de l'élu.

« Je ne veux pas leur donner raison, mais je ne leur donne pas complètement tort », admet-il.

Dans l'agglomération toulousaine, une aire de grand passage est prévue sur le territoire du Sicoval, à Labège. Mais au moment de l'arrivée du groupe à Castanet-Tolosan, celle-ci n'était pas encore opérationnelle.

Pour le maire, cette situation a pesé dans la gestion du dossier. Faute de solution alternative immédiatement disponible, la négociation est devenue la seule option réaliste.

La future mise en service de cette aire pourrait permettre d'éviter que de telles situations se reproduisent. Car derrière l'épisode des Fontanelles se pose une question qui concerne l'ensemble des collectivités : comment faire respecter les espaces publics lorsque les équipements destinés à accueillir les gens du voyage ne sont pas encore disponibles ?

En cours de lecture

Max Ballarin directeur des douanes de Toulouse: On doit faire face à des refus d'obtempérer de la part d'étrangers en situation irrégulière

Des trafics toujours très actifs en Occitanie

En 2025, la direction régionale des douanes de Toulouse dresse un constat préoccupant : les trafics illicites restent à un niveau élevé sur l’ensemble du territoire. Entre stupéfiants, tabac de contrebande et contrefaçons, les réseaux criminels continuent de s’appuyer sur une région stratégique, notamment en raison de sa proximité avec l’Espagne et l’Andorre.

Dans ce contexte, les douanes doivent faire face à une pression constante, sur des territoires vastes et aux profils variés, allant des zones rurales aux grands pôles urbains.

Des saisies massives sur tous les vecteurs

Les chiffres de 2025 illustrent l’ampleur du phénomène. En Occitanie, les services douaniers ont saisi :

4,2 tonnes de stupéfiants
4,6 tonnes de tabac de contrebande
plus de 207 000 articles contrefaits

Dans le département de la Haute-Garonne, près de 1,8 tonne de drogues et 1,8 tonne de tabac ont été interceptées .

Ces saisies concernent tous les modes de transport : routes, fret express, colis postaux, ferroviaire et aérien. L’aéroport de Toulouse-Blagnac et les flux de livraison rapide apparaissent comme des points particulièrement sensibles.

Des réseaux criminels de plus en plus structurés avec une montée des violences et des refus d’obtempérer

Les organisations criminelles se distinguent par leur capacité d’adaptation. Elles utilisent des circuits de distribution parallèles, flexibles, et investissent tous les canaux, du commerce de rue aux ventes en ligne.

Les douaniers font également face à une montée des tensions sur le terrain : refus d’obtempérer, intimidations et techniques de dissimulation de plus en plus sophistiquées.

Sur le terrain, les douaniers sont confrontés à une augmentation des refus d’obtempérer et à des comportements de plus en plus dangereux.

Les trafiquants n’hésitent plus à prendre des risques importants pour échapper aux forces de l’ordre, avec des conduites à vive allure, des tentatives de fuite ou des stratégies d’intimidation.

Selon le directeur régional des douanes de Toulouse, la plupart de ces refus d’obtempérer impliquent des personnes en situation irrégulière. Une réalité qui, selon lui, s’inscrit dans le fonctionnement de certains réseaux criminels.

La cyberdouane : traquer les trafics en ligne

Face à la digitalisation des échanges, une cellule de cyberdouane a été créée en juillet 2025. Sa mission : surveiller les réseaux sociaux et les plateformes en ligne pour identifier les vendeurs de produits contrefaits ou illicites.

Ces agents spécialisés peuvent intervenir rapidement afin de remonter les filières et lutter contre le sentiment d’impunité sur internet.

Contrefaçon : un danger sous-estimé

Les douanes alertent sur les risques liés à la contrefaçon, souvent banalisée. Au-delà du préjudice économique, ces produits peuvent représenter un danger réel pour les consommateurs.

Certains articles saisis contiennent des substances toxiques ou présentent des défauts dangereux. Les profits générés alimentent par ailleurs directement les réseaux criminels.

Blanchiment et flux financiers : un levier clé contre les réseaux

La lutte contre les trafics passe aussi par le contrôle des flux financiers, un axe stratégique pour démanteler les organisations criminelles. En 2025 :

près de 390 000 euros ont été saisis au titre du blanchiment douanier
plus de 650 000 euros concernent des manquements à l’obligation déclarative

Au-delà des saisies, les douanes observent des mécanismes de blanchiment de plus en plus structurés. Les fonds issus des trafics peuvent être réinjectés dans l’économie légale à travers certains commerces de proximité comme des épiceries de nuit ou encore des bars à chicha, susceptibles d’être utilisés comme vecteurs de dissimulation ou de réintégration de fonds illicites.

L’objectif des douanes est donc de remonter ces circuits financiers afin d’identifier les têtes de réseau et de fragiliser durablement les organisations.

Une explosion du trafic d’engins pyrotechniques

Autre phénomène marquant : la forte hausse des saisies d’engins pyrotechniques. En 2025, plus de 4 200 mortiers ont été interceptés, soit quatre fois plus que les années précédentes.

Souvent importés illégalement, ces dispositifs sont désormais utilisés comme armes improvisées, ce qui inquiète les autorités.

Protection du consommateur et contrôle des normes

Les douanes assurent également une mission de protection du consommateur. Plus de 550 infractions ont été relevées en 2025, notamment dans le fret express et les bagages de voyageurs.

Les contrôles portent sur la conformité des produits aux normes sanitaires, techniques et de sécurité.

Un rôle économique renforcé auprès des entreprises

Au-delà de la lutte contre la fraude, la douane affirme son rôle d’acteur économique. En 2025, elle a déployé un plan d’action spécifique pour accompagner les entreprises, notamment face aux tensions commerciales avec les États-Unis.

Ce dispositif repose sur plusieurs axes :

diffusion d’informations actualisées aux entreprises exportatrices
identification des sociétés les plus exposées aux mesures tarifaires américaines
accompagnement renforcé et personnalisé
suivi des opérations à l’international pour limiter l’impact des droits de douane

Les services douaniers interviennent également en matière de sécurité économique, en conseillant les entreprises sur la protection de leurs flux logistiques et de leurs échanges internationaux.

Le dédouanement, un enjeu clé du commerce international

Au cœur de cette mission économique se trouve le dédouanement. Il s’agit de la procédure administrative obligatoire qui permet aux marchandises d’entrer ou de sortir du territoire en conformité avec la réglementation, après déclaration et contrôle par la douane.

En 2025, les services de Toulouse ont traité près de 1,2 million de déclarations de dédouanement, à l’import comme à l’export. Un volume qui témoigne de l’intensité des échanges commerciaux dans la région.

La douane est par ailleurs la seule administration française chargée de collecter les droits de douane, qui constituent une ressource directe pour le budget de l’Union européenne.

Un contexte international plus tendu

Enfin, l’année 2025 s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales accrues. Le retour de politiques tarifaires protectionnistes complique les échanges et renforce le rôle stratégique des douanes.

Entre lutte contre les trafics, sécurisation des échanges et accompagnement des entreprises, la douane de Toulouse apparaît plus que jamais comme un acteur central de la souveraineté économique.

En cours de lecture

Chemin Mange-Pommes : un projet d'aménagement rue qui divise – Entretien exclusif avec un riverain du collectif opposé à l’aménagement

La mairie de Ramonville projette de réaménager le chemin de Mange-Pommes, axe stratégique menant au canal du Midi et au parc des Cinquante. Objectif affiché : ralentir la circulation automobile et sécuriser les déplacements piétons et cyclistes. Ce réaménagement, inscrit dans le plan vélo du Sicoval et le schéma directeur des mobilités, prévoit notamment l’installation de cinq chicanes et la réduction du nombre de places de stationnement de 48 à 32 – dont une seule place PMR.

Mais cette transformation ne passe pas auprès d’une partie des riverains. Depuis plusieurs mois, le collectif Mange-Pommes monte au créneau pour dénoncer un projet jugé « coûteux, inadapté et destructeur du cadre de vie ». Une pétition a déjà recueilli 400 signatures.

Le collectif Mange-Pommes revendique :

le maintien intégral des 48 places de stationnement existantes,

le conservation de la largeur actuelle de la chaussée,

et la limitation des dépenses publiques sur ce projet.

En revanche, il se dit favorable à l’installation de ralentisseurs à l’entrée de la rue et à la fermeture du pont à la circulation motorisée.

Des riverains qui se sentent sacrifiés

Dans une interview exceptionnelle à écouter ci-dessous, un membre du collectif Mange-Pommes – dont nous avons volontairement modifié la voix afin de préserver son anonymat et sa sécurité – livre un témoignage sans détour. 

Notre interlocuteur dénonce un projet « hors-sol, qui ne tient pas compte des usages réels et des contraintes quotidiennes des riverains ». Il juge aussi irréaliste le « report de stationnement » vers des zones plus éloignées, comme Port Sud ou la ferme des 50. Pour le collectif, les choix de la municipalité risquent de transformer cette rue en parcours d’obstacles pour ses usagers.

Le collectif redoute aussi l’impact budgétaire du projet, évalué à 1,3 million d’euros. Faute de plan de financement clair, il alerte sur un possible impact fiscal pour les habitants, dans un contexte de restrictions budgétaires imposées aux collectivités locales.

En filigrane, un autre enjeu se dessine : celui des municipales à venir. Le chemin Mange-Pommes pourrait bien devenir un symbole des tensions entre aménagement durable et quotidien des habitants.

🎧 À écouter : l’interview exclusive d’un membre du collectif Mange-Pommes

En cours de lecture

Robert Redeker: Boualem Sansal gène le pouvoir algérien et une partie de la gauche

Dans l’émission La Voix de l’Actu, nous revenons aujourd’hui sur la condamnation par un tribunal algéeirn de l’écrivain Boualem Sansal à cinq ans de prison ferme. Il lui est reproché d'avoir porté atteinte à l’intégrité du territoire pour avoir repris à son compte la position du Maroc sur le Sahara occidental. Détenu depuis novembre, Boualem Sansal pourrait cependant bénéficier d’une grâce présidentielle à l’occasion de l’Aïd-el-Fitr, comme l’a récemment évoqué Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris.

Robert Redeker, une voix solidaire et engagée

Parmi les soutiens apportés à Boualem Sansal, figure celui du philosophe et écrivain Robert Redeker. Connaissant personnellement Sansal, il partage avec lui l’expérience de la menace et de l’isolement. En 2006, Robert Redeker a lui-même été visé par une fatwa internationale après la publication d’un article critique sur l’islam. Depuis, il vit sous protection. Lors de notre entretien, il revient sur la portée de cette condamnation et livre une réflexion sur la liberté d’expression et les risques encourus par ceux qui osent s’exprimer librement.

Un ouvrage collectif en soutien à Boualem Sansal

La mobilisation pour Boualem Sansal ne s’arrête pas aux prises de position individuelles. Un livre collectif intitulé Pour Boualem Sansal (Éditions David Reinhard) réunit les textes de nombreuses personnalités engagées, parmi lesquelles Élisabeth Badinter, Tahar Ben Jelloun, Jean-Pierre Chevènement, Raphaël Enthoven, Michel Onfray, David Lisnard, Stéphane Rozès, Sylvain Tesson, et bien d’autres. Cet ouvrage, illustré par des dessins de presse signés Plantu, Xavier Gorce et Olivier Ranson, constitue un témoignage fort de solidarité envers l’écrivain emprisonné.

Nous vous invitons à écouter l’interview de Robert Redeker pour mieux comprendre les enjeux de cette affaire et la portée de cet engagement.

En cours de lecture

Benoît Richart, vice-président de la CPME Haute-Garonne : "Le chaos budgétaire pèsent lourdement sur les entreprises"

Le gouvernement français se trouve aujourd'hui confronté à un défi majeur : éviter la censure politique tout en limitant l'impact de ses choix budgétaires. Le premier ministre François Bayrou souhaite éviter que les concessions faites aux partis d'opposition, notamment au Parti Socialiste, n'aggravent encore la situation économique du pays.
L'objectif : ramener le déficit public à 5,4 % du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2025. Cela implique 50 milliards d'euros d'économies, dont 30 milliards de réduction des dépenses publiques et 20 milliards de nouvelles recettes.

Cependant, les derniers chiffres économiques ne sont guère encourageants. Le troisième trimestre 2024 a été marqué par une hausse significative du chômage :+ 4 %, une chute de 2,4 % des intentions d'embauche, et une vague de défauts d'entreprises, avec 18 000 entreprises déclarées en faillite au quatrième trimestre, et 68 000 pour l'ensemble de l'année. L'instabilité politique et l'absence de budget sont de plus en plus perçues comme des freins à la relance économique.

Pour nous éclairer sur les conséquences de cette situation pour les petites et moyennes entreprises, nous recevons Benoît Richart, vice-président de la CPME Haute-Garonne, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises.