La voix de l'actu

La voix de l'actu

Nos interviews sont un focus sur l'information du moment.

sébastien Claret

L'information va trop vite. On est tous dans un lessiveuse. Ce trop plein et ce trop vite engendre une fatigue informationnelle. dans la Voix de l'Actu on vous propose de vous arrêter. De prendre le temps d'écouter et de réfléchir. Nos interviews reviennent sur une actualité. Elle nous permettent d'apprendre, de comprendre et de sortir du tourbillon de l'actualité

En cours de lecture

Max Ballarin directeur des douanes de Toulouse: On doit faire face à des refus d'obtempérer de la part d'étrangers en situation irrégulière

Des trafics toujours très actifs en Occitanie

En 2025, la direction régionale des douanes de Toulouse dresse un constat préoccupant : les trafics illicites restent à un niveau élevé sur l’ensemble du territoire. Entre stupéfiants, tabac de contrebande et contrefaçons, les réseaux criminels continuent de s’appuyer sur une région stratégique, notamment en raison de sa proximité avec l’Espagne et l’Andorre.

Dans ce contexte, les douanes doivent faire face à une pression constante, sur des territoires vastes et aux profils variés, allant des zones rurales aux grands pôles urbains.

Des saisies massives sur tous les vecteurs

Les chiffres de 2025 illustrent l’ampleur du phénomène. En Occitanie, les services douaniers ont saisi :

4,2 tonnes de stupéfiants
4,6 tonnes de tabac de contrebande
plus de 207 000 articles contrefaits

Dans le département de la Haute-Garonne, près de 1,8 tonne de drogues et 1,8 tonne de tabac ont été interceptées .

Ces saisies concernent tous les modes de transport : routes, fret express, colis postaux, ferroviaire et aérien. L’aéroport de Toulouse-Blagnac et les flux de livraison rapide apparaissent comme des points particulièrement sensibles.

Des réseaux criminels de plus en plus structurés avec une montée des violences et des refus d’obtempérer

Les organisations criminelles se distinguent par leur capacité d’adaptation. Elles utilisent des circuits de distribution parallèles, flexibles, et investissent tous les canaux, du commerce de rue aux ventes en ligne.

Les douaniers font également face à une montée des tensions sur le terrain : refus d’obtempérer, intimidations et techniques de dissimulation de plus en plus sophistiquées.

Sur le terrain, les douaniers sont confrontés à une augmentation des refus d’obtempérer et à des comportements de plus en plus dangereux.

Les trafiquants n’hésitent plus à prendre des risques importants pour échapper aux forces de l’ordre, avec des conduites à vive allure, des tentatives de fuite ou des stratégies d’intimidation.

Selon le directeur régional des douanes de Toulouse, la plupart de ces refus d’obtempérer impliquent des personnes en situation irrégulière. Une réalité qui, selon lui, s’inscrit dans le fonctionnement de certains réseaux criminels.

La cyberdouane : traquer les trafics en ligne

Face à la digitalisation des échanges, une cellule de cyberdouane a été créée en juillet 2025. Sa mission : surveiller les réseaux sociaux et les plateformes en ligne pour identifier les vendeurs de produits contrefaits ou illicites.

Ces agents spécialisés peuvent intervenir rapidement afin de remonter les filières et lutter contre le sentiment d’impunité sur internet.

Contrefaçon : un danger sous-estimé

Les douanes alertent sur les risques liés à la contrefaçon, souvent banalisée. Au-delà du préjudice économique, ces produits peuvent représenter un danger réel pour les consommateurs.

Certains articles saisis contiennent des substances toxiques ou présentent des défauts dangereux. Les profits générés alimentent par ailleurs directement les réseaux criminels.

Blanchiment et flux financiers : un levier clé contre les réseaux

La lutte contre les trafics passe aussi par le contrôle des flux financiers, un axe stratégique pour démanteler les organisations criminelles. En 2025 :

près de 390 000 euros ont été saisis au titre du blanchiment douanier
plus de 650 000 euros concernent des manquements à l’obligation déclarative

Au-delà des saisies, les douanes observent des mécanismes de blanchiment de plus en plus structurés. Les fonds issus des trafics peuvent être réinjectés dans l’économie légale à travers certains commerces de proximité comme des épiceries de nuit ou encore des bars à chicha, susceptibles d’être utilisés comme vecteurs de dissimulation ou de réintégration de fonds illicites.

L’objectif des douanes est donc de remonter ces circuits financiers afin d’identifier les têtes de réseau et de fragiliser durablement les organisations.

Une explosion du trafic d’engins pyrotechniques

Autre phénomène marquant : la forte hausse des saisies d’engins pyrotechniques. En 2025, plus de 4 200 mortiers ont été interceptés, soit quatre fois plus que les années précédentes.

Souvent importés illégalement, ces dispositifs sont désormais utilisés comme armes improvisées, ce qui inquiète les autorités.

Protection du consommateur et contrôle des normes

Les douanes assurent également une mission de protection du consommateur. Plus de 550 infractions ont été relevées en 2025, notamment dans le fret express et les bagages de voyageurs.

Les contrôles portent sur la conformité des produits aux normes sanitaires, techniques et de sécurité.

Un rôle économique renforcé auprès des entreprises

Au-delà de la lutte contre la fraude, la douane affirme son rôle d’acteur économique. En 2025, elle a déployé un plan d’action spécifique pour accompagner les entreprises, notamment face aux tensions commerciales avec les États-Unis.

Ce dispositif repose sur plusieurs axes :

diffusion d’informations actualisées aux entreprises exportatrices
identification des sociétés les plus exposées aux mesures tarifaires américaines
accompagnement renforcé et personnalisé
suivi des opérations à l’international pour limiter l’impact des droits de douane

Les services douaniers interviennent également en matière de sécurité économique, en conseillant les entreprises sur la protection de leurs flux logistiques et de leurs échanges internationaux.

Le dédouanement, un enjeu clé du commerce international

Au cœur de cette mission économique se trouve le dédouanement. Il s’agit de la procédure administrative obligatoire qui permet aux marchandises d’entrer ou de sortir du territoire en conformité avec la réglementation, après déclaration et contrôle par la douane.

En 2025, les services de Toulouse ont traité près de 1,2 million de déclarations de dédouanement, à l’import comme à l’export. Un volume qui témoigne de l’intensité des échanges commerciaux dans la région.

La douane est par ailleurs la seule administration française chargée de collecter les droits de douane, qui constituent une ressource directe pour le budget de l’Union européenne.

Un contexte international plus tendu

Enfin, l’année 2025 s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales accrues. Le retour de politiques tarifaires protectionnistes complique les échanges et renforce le rôle stratégique des douanes.

Entre lutte contre les trafics, sécurisation des échanges et accompagnement des entreprises, la douane de Toulouse apparaît plus que jamais comme un acteur central de la souveraineté économique.

En cours de lecture

Chemin Mange-Pommes : un projet d'aménagement rue qui divise – Entretien exclusif avec un riverain du collectif opposé à l’aménagement

La mairie de Ramonville projette de réaménager le chemin de Mange-Pommes, axe stratégique menant au canal du Midi et au parc des Cinquante. Objectif affiché : ralentir la circulation automobile et sécuriser les déplacements piétons et cyclistes. Ce réaménagement, inscrit dans le plan vélo du Sicoval et le schéma directeur des mobilités, prévoit notamment l’installation de cinq chicanes et la réduction du nombre de places de stationnement de 48 à 32 – dont une seule place PMR.

Mais cette transformation ne passe pas auprès d’une partie des riverains. Depuis plusieurs mois, le collectif Mange-Pommes monte au créneau pour dénoncer un projet jugé « coûteux, inadapté et destructeur du cadre de vie ». Une pétition a déjà recueilli 400 signatures.

Le collectif Mange-Pommes revendique :

le maintien intégral des 48 places de stationnement existantes,

le conservation de la largeur actuelle de la chaussée,

et la limitation des dépenses publiques sur ce projet.

En revanche, il se dit favorable à l’installation de ralentisseurs à l’entrée de la rue et à la fermeture du pont à la circulation motorisée.

Des riverains qui se sentent sacrifiés

Dans une interview exceptionnelle à écouter ci-dessous, un membre du collectif Mange-Pommes – dont nous avons volontairement modifié la voix afin de préserver son anonymat et sa sécurité – livre un témoignage sans détour. 

Notre interlocuteur dénonce un projet « hors-sol, qui ne tient pas compte des usages réels et des contraintes quotidiennes des riverains ». Il juge aussi irréaliste le « report de stationnement » vers des zones plus éloignées, comme Port Sud ou la ferme des 50. Pour le collectif, les choix de la municipalité risquent de transformer cette rue en parcours d’obstacles pour ses usagers.

Le collectif redoute aussi l’impact budgétaire du projet, évalué à 1,3 million d’euros. Faute de plan de financement clair, il alerte sur un possible impact fiscal pour les habitants, dans un contexte de restrictions budgétaires imposées aux collectivités locales.

En filigrane, un autre enjeu se dessine : celui des municipales à venir. Le chemin Mange-Pommes pourrait bien devenir un symbole des tensions entre aménagement durable et quotidien des habitants.

🎧 À écouter : l’interview exclusive d’un membre du collectif Mange-Pommes

En cours de lecture

Robert Redeker: Boualem Sansal gène le pouvoir algérien et une partie de la gauche

Dans l’émission La Voix de l’Actu, nous revenons aujourd’hui sur la condamnation par un tribunal algéeirn de l’écrivain Boualem Sansal à cinq ans de prison ferme. Il lui est reproché d'avoir porté atteinte à l’intégrité du territoire pour avoir repris à son compte la position du Maroc sur le Sahara occidental. Détenu depuis novembre, Boualem Sansal pourrait cependant bénéficier d’une grâce présidentielle à l’occasion de l’Aïd-el-Fitr, comme l’a récemment évoqué Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris.

Robert Redeker, une voix solidaire et engagée

Parmi les soutiens apportés à Boualem Sansal, figure celui du philosophe et écrivain Robert Redeker. Connaissant personnellement Sansal, il partage avec lui l’expérience de la menace et de l’isolement. En 2006, Robert Redeker a lui-même été visé par une fatwa internationale après la publication d’un article critique sur l’islam. Depuis, il vit sous protection. Lors de notre entretien, il revient sur la portée de cette condamnation et livre une réflexion sur la liberté d’expression et les risques encourus par ceux qui osent s’exprimer librement.

Un ouvrage collectif en soutien à Boualem Sansal

La mobilisation pour Boualem Sansal ne s’arrête pas aux prises de position individuelles. Un livre collectif intitulé Pour Boualem Sansal (Éditions David Reinhard) réunit les textes de nombreuses personnalités engagées, parmi lesquelles Élisabeth Badinter, Tahar Ben Jelloun, Jean-Pierre Chevènement, Raphaël Enthoven, Michel Onfray, David Lisnard, Stéphane Rozès, Sylvain Tesson, et bien d’autres. Cet ouvrage, illustré par des dessins de presse signés Plantu, Xavier Gorce et Olivier Ranson, constitue un témoignage fort de solidarité envers l’écrivain emprisonné.

Nous vous invitons à écouter l’interview de Robert Redeker pour mieux comprendre les enjeux de cette affaire et la portée de cet engagement.

En cours de lecture

Benoît Richart, vice-président de la CPME Haute-Garonne : "Le chaos budgétaire pèsent lourdement sur les entreprises"

Le gouvernement français se trouve aujourd'hui confronté à un défi majeur : éviter la censure politique tout en limitant l'impact de ses choix budgétaires. Le premier ministre François Bayrou souhaite éviter que les concessions faites aux partis d'opposition, notamment au Parti Socialiste, n'aggravent encore la situation économique du pays.
L'objectif : ramener le déficit public à 5,4 % du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2025. Cela implique 50 milliards d'euros d'économies, dont 30 milliards de réduction des dépenses publiques et 20 milliards de nouvelles recettes.

Cependant, les derniers chiffres économiques ne sont guère encourageants. Le troisième trimestre 2024 a été marqué par une hausse significative du chômage :+ 4 %, une chute de 2,4 % des intentions d'embauche, et une vague de défauts d'entreprises, avec 18 000 entreprises déclarées en faillite au quatrième trimestre, et 68 000 pour l'ensemble de l'année. L'instabilité politique et l'absence de budget sont de plus en plus perçues comme des freins à la relance économique.

Pour nous éclairer sur les conséquences de cette situation pour les petites et moyennes entreprises, nous recevons Benoît Richart, vice-président de la CPME Haute-Garonne, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises.

En cours de lecture

Arrestation de Boualem Sansal: l'essayiste Fatiha Boudjahlat passe au vitriol le régime algérien et la gauche française

L'écrivain Boualem Sansal est depuis quelques semaines entre les mains de la dictature algérienne. Arrêté à l'aéroport d'Alger, on ne sait toujours pas dans quelles conditions est détenu l'auteur du Village de l'Allemand . Le régime algérien lui reproche d'avoir porté atteinte à l'intégrité du territoire national.

Boualem Sansal est âgé de 75 ans. Depuis plusieurs années, il mène une lutte courageuse contre l'islamisme et la dictature algérienne. Aujourd'hui, il risque la perpétuité pour avoir osé exprimer son opinion.

Des écrivains, des intellectuels et même quelques responsables politiques ont demandé au gouvernement français de tout mettre en œuvre pour obtenir sa libération. Une fois encore, la gauche s'est distinguée par son absence de courage, et certains membres ont même manifesté un soutien à peine voilé à la dictature du FLN. Dans les années 1970, il ne fallait pas désespérer Billancourt, aujourd'hui il ne faut pas déplaire à l'imam de la mosquée du coin de la rue.

Ce sont les mêmes qui fermaient les yeux sur Pol Pot, Mao, Castro ou Staline, qui portaient des valises pour les terroristes du FLN, et qui considéraient le dissident Alexandre Soljenitsyne comme un agent américain. Les mêmes encore qui ont salué l'arrivée des mollahs en Iran et qui aujourd'hui défilent avec les Frères musulmans.

Heureusement, il existe encore des esprits libres et des âmes courageuse. C'est le cas de l'enseignante et essayiste Fatiha Boudjahlat. Combattante ardente contre l'islamisme, Fatiha Boudjahlat a vivement réagi à la détention de Boualem Sansal dans deux tribunes parues dans la presse. (1)

Nous vous proposons d'écouter son entretien dans ce nouvel épisode de notre podcast La Voix de l'Actu .

(1)Les deux tribunes:

Après l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal, "nous devrions dire ses quatre vérités à l’Algérie"

 Cette gauche qui mégote sur son soutien à Boualem Sansal